Marquez les esprits pour trouver un job

Marquer au fer rouge c’est laisser une trace indélébile dans la peau. C’est l’enjeu du tatouage, et de tout ce qui participe à créer un signe distinctif, notamment la marque commerciale. Le code de la propriété intellectuelle reconnait d’ailleurs dans son artice L711-1 qu’une marque est « ce qui distingue » et l’Association Américaine de Marketing (AMA) enfonce le clou. Une marque différencie face à ses concurrents.

C’est exactement la même chose pour le personal branding ! Aider un actif à trouver un emploi doit passer par un processus de construction d’une marque et suivre les mêmes étapes, du briefing client, aux phases créatives, sélection d’idées et construction de territoire…L’enjeu est de préparer des messages courts et percutants. Car capter l’attention et mettre en évidence ses qualités personnelles, la cohérence de son parcours, et la qualité de ses compétences sont des enjeux forts lors d’une recherche d’emploi. Cela suppose de préparer des formules de présentation ciselées, des exemples frappants, des anecdotes de mission. En somme, tout ce qui permettra d’éviter la réponse classique en entretien : « vous pouvez répéter, je vous ai perdu là ».

C’est pourquoi l’accompagnement individuel à la recherche d’emploi ou outplacement doit selon nous se renouveler en profondeur. Il s’agit désormais de travailler selon les règles de la vente, en se focalisant sur les signes distinctifs, déclinables, internationaux et intemporels qui caractérisent le candidat.

Tout comme un professionnel du marketing le ferait pour une marque, il est important de travailler avec le candidat son territoire de marque, son identité visuelle, le naming de ses compétences et expériences.

Car que vendons nous au travers d’un CV et d’une lettre de motivation ? Que présentons nous justement lors d’un entretien d’embauche ? Une histoire personnelle (un story telling), des compétences (caractéristiques produit), une personnalité forcément clivante (image de marque).

Suivant les principes de la courbe de Gauss, notre conviction est qu’au sein d’un même emploi, en particulier en début de carrière, les différences de compétences sont souvent faibles. Ce qui fait la vraie différence, au-delà de l’expérience, c’est travailler l’identité que l’on souhaite présenter au marché de l’emploi. Définir en amont ses messages, permet à la fois de contrôler ce que l’on présentera et de se rencentrer sur soi pour valoriser ses forces.

CV, lettre, réseau social, tout peut être revu par le prisme du branding… Jusqu’aux codes vestimentaires ! A chaque fois il faudra se positionner par rapport aux normes de l’entreprise à qui l’on s’adresse. Qu’on se le dise les préjugés sont partout et c’est l’art de la pub que de jouer avec. Là encore un exercice de fine tuning permettra de capter l’attention sans risquer de rater son entretien. Au niveau vestimentaire par exemple on veillera à maitriser les détournements. Chemise Mao et costume sont une pointe de provocation possible. Veste et cravatte dans une start-up, méfiance !

Les marques ont toujours utilisé des personnes, effigies plus ou moins réalistes plus ou moins symboliques, mais toujours dotées de traits de personnalité forts. De la vache qui rit, rouge d’ailleurs, à Optic 2000 faisant chanter Johnny Halliday, en passant par Nespresso qui reconstruit le glamour pour vendre des cafés, ces personnages font beaucoup pour l’acte d’achat. Soigner ses hobbies dans un CV peut faire sourire. Mais d’un point de vue post-matérialiste c’est tout à fait normal. L’obsession de la qualité écrase les différences entre les produits, comme entre les salariés. Et ce qui distingue du café ou des parfums, c’est finalement surtout la part de rêve, l’univers qu’ils apportent.

Bref, le leitomtiv d’une recherche d’emploi réussie selon-nous ? Rester soi-même, tout en veillant à packager son Linkedin, à créer des leads sur les réseaux sociaux, à construire son e-réputation. On pourra régulièrement revoir l’étendue de sa gamme c’est-à-dire de ses compétences via la formation professionnelle … Là encore : recherche et développement !

La seule limite ? Brander c’est marquer au fer rouge. Il faut donc veiller à ne pas se laisser enfermer, dans une image contrainte, au risque de devenir la caricature de son personnage.

Matthieu